Patrick Berhault disait que l’escalade c’est l’adaptation de l’homme à toutes les natures de rocher. Avec cette nouvelle sortie grandes voies pour la saison 2018, on aurait pu dire aussi que l’escalade c’est l’adaptation du rocher à toutes les natures de l’homme. Et aussi de la femmes. Mais pas des enfants, vu que il n’y avait pas d’enfant parmi nous ce week-end. Quelques vaches dans un pré, oui. Quelques corbeaux dans le ciel, oui là encore. Mais pas d’enfant. D’ailleurs, ils n’étaient pas les bienvenus. Il n’y avait pas non plus Christian, le plus enfant du groupe adultes. Pas de Christian donc pas d’ado non plus. Le luxe.

La météo laissait la place pour un séjour au soleil de deux jours. Les pluies des jours derniers avait déposé des traces bien visibles. La nature est si verte que le Vercors ressemble à l’Amazonie et qu’au détours d’un sentier on a le sentiment de pouvoir croiser un jaguar ou un serpent corail. Il fait moite. Humide. On transpire à grosses gouttes autant qu’un curé peu en bénir ou qu’une vache qui pisse. Bref, on est à Rochefort-Samson en mode homme grenouille. 

Comme nous sommes assez nombreux et que la falaise nous permet de grimper tous ensemble mais séparés, nous nous retrouvons sur différentes voies aux noms évocateurs et bien choisis. Le pilier oublié, le pilier des anciens, le spigolo, la folie du zou. Des noms sans jeux de mots qui sentent bon la vieille école, la chemise à carreaux et le knickers. D’ailleurs l’équipement sur pitons parfois lointains donne l’ambiance et le gout des années 70/80. Nostalgie !!

 

La chaleur est là. On ne se plaindra pas de ça. Il a fait tellement mauvais ces derniers jours qu’un rayon de soleil ardent ne peut que nous plaire. Nous sommes tous habitués à grimper en extérieur. Plus ou moins souvent pour certains. Sauf pour Sandrine qui découvre l’escalade en grandes voies. Des cris de surprise ou de joie sortent parfois de sa bouche. Parfois des cris d’effroi. Et pourtant il fait chaud. Je reçois même un appel du préfet de l’Isère pour savoir si tout se passe bien. Je suis surpris que cet homme s’inquiète pour nous alors qu’il a sûrement d’autres chats à fouetter. Gentiment je lui réponds.

–  T’inquiète pas Maurice, Pascal gère ça d’une main de maître Gedi. Tu peux retourner à tes petits fours et ton champagne, il assure.

Patrick Edlinger, le fameux blond, disait « Ce que j’aime dans l’escalade se sont les contrastes. Dans une grande voie, tu bouffes peu. Tu as soif. C’est abominable. Tu vas aller très loin dans ta soif, mais quand tu sors, le goût de l’eau, tu le gardes une heure dans ta bouche. Il faut se créer des besoins légers, parce que si tu as de grands besoins, tu n’arriveras pas à les satisfaire ». C’est pourquoi, le soir venu, après une si belle journée d’escalade, nous nous sommes tous retrouvés chez les parents de Denis, pour une soirée sans véritables besoins. Juste autour d’une table simple, entre potes. Et pour fêter ce moment de partage, nous avons fait comme la météo, nous avons arrosé ça. Et mangé quelques pois chiches entourés de merguez bien cuites.

Le lendemain rebelote. Le ciel étant toujours avec nous, nous retournons en Amazonie Vercorienne. Samson et sa lumière nous voit revenir pour quelques pas de danse verticale. Demain la pluie est de retour. Il faut en profiter. Et comme hier, nos cordées se dispersent au gré de la brise légère et des envies de chacun. Sandrine ne fait plus résonner ses cris dans le vallon. Le préfet ne m’appelle plus. J’entend Denis donner quelques indications à Denis, son homonyme et compagnon de cordée. Olivier navigue en douceur sur un caillou douteux tandis que Marie joue et danse sur le rocher. Marion et Thibault doivent sourire. Tout est en place. La nature s’émerveille et les oiseaux passe dans le ciel. C’est quand même chouette, une sortie club en extérieur. Pendant ce temps là, une autre forme d’escalade se pratique à Arnas, dans le Beaujolais. Le championnat de France d’escalade… en salle. Une si belle journée !!

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